Je fais souvent référence dans mes interventions au nœud borroméen pour représenter la logique du modèle économique du logiciel libre. Mais comme il s'agit de présentations orales, je me suis aperçu qu'il n'y avait nulle trace écrite de cela. Pour les curieux, j'ai retrouvé une réponse que j'avais fait à Travaux Publics Canada à un appel d'informations que ce ministère avait lancé sur le logiciel libre en 2009. Ce document est toujours d'actualité et s'appuie précisément sur le nœud borroméen :

20090222-TPSCG-LL-1.pdf 

Bonne lecture !
Je suis intervenu mardi dernier à l'Université Laval dans le cadre du cours du Pr Daniel Pascot intitulé "Logiciel libre et sociétés". Vous trouverez plus bas mon intervention.

Le texte au format pdf est disponible sur le site de l'Université ici

Bonsoir à tous,

J'ai choisi d'intituler mon propos de ce soir : « Logiciel libre, malaise dans la société québécoise ». Ce titre évoque bien sûr le célèbre ouvrage de Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation. Ce choix n'est pas un hasard, de même que ce n'est pas un hasard si un jour, ici même, j'ai présenté le modèle économique du logiciel libre comme se soutenant du nœud borroméen. Cet étrange objet topologique fait de trois ronds de ficelles, dont chacun, agencé de telle manière, bien qu'aucunement lié l'un à  l'autre, permet à l'ensemble de tenir, de faire nœud. Ce nœud borroméen, je l'avais emprunté à un autre psychanalyste, Jacques Lacan. Et si ce soir, pour introduire mon propos, j'évoque le discours de la psychanalyse, c'est que c'est celui qui, en premier, repérait que l'avancée du discours de la Science inaugurait de profonds bouleversements dans nos sociétés.

À la société structurée autour de la fonction de l'exception paternelle, représentée dans nos sociétés par la cellule familiale classique ordonnée par le père, puis le maître d'école, le professeur d'Université, le leader politique et bien d'autres images... le discours de la science impose un ordre nouveau, fait d'experts, fait de managements et de managers, fait d'études statistiques et d'évaluations. Le citoyen et le collectif se retrouvent ainsi, peu à peu, démunis, déboussolés, désorientés devant l'avènement de ce discours qui réduit chaque jour un peu plus notre espace de liberté et qui, chaque jour, nous enferme dans une solitude que la saturation par de nouveaux objets de consommation ne fait qu'exacerber. Le malaise se repère dans tous les champs : la distribution massive et en constante augmentation du Ritalin dans nos écoles est un très bon exemple de cette substitution : le garant symbolique de l'institution n'est plus le maître d'école, mais la molécule chimique. L'éclatement de la cellule familiale classique est un autre bon exemple. Cette évolution mine maintenant l'ordre politique et les institutions publiques et même la souveraineté des états. Ainsi, j'entendais Line Beauchamp, notre ministre de l'éducation, il y a quelques jours à la télévision, déclarer : « Nous ferons ce que les experts nous diront. ». L'éducation, l'économie, la justice, la santé ne sont plus des questions politiques, ce sont des questions d'experts, des questions d'études et d'évaluations, des questions de management.

Le citoyen, représenté par ces institutions démocratiques, n'a plus grand chose à dire. Alors à quoi bon aller voter, à quoi bon s'impliquer, à quoi bon même avoir des institutions ? Où se trouve notre espace collectif et même individuel ? L'éthique... républicaine, si je puis dire, ne fait plus le poids face au discours purement comptable de l'expert et du gestionnaire. Les valeurs s'inclinent devant l'efficace qui rend tous les arrangements possibles.

Et c'est comme cela que j'ai entendu, si vous me permettez cette allusion à l'actualité québécoise récente, c'est dans ce sens que j'ai interprété cette formule de M. Duchesneau, directeur de l'unité anti-collusion, lorsqu'il écrit : « Les choses sont beaucoup plus graves qu'on ne le croit ». Les politiques et l'État, peu à peu, sans même qu'ils s'en soient rendus compte, se sont mis au service de ce nouveau maître. La carrière politique se résume à une question de marketing.

Cette situation, même si je fais allusion à la situation québécoise, est en fait, vous le savez, générale et touche la plupart des pays dans le monde, particulièrement les pays occidentaux. Il s'agit d'une crise mondiale que tous les pays, chacun avec leurs particularités, traversent. De nombreux intellectuels réfléchissent depuis longtemps sur cela et j'en profite pour vous donner la référence de deux articles récents que j'ai trouvé, pour ma part, éclairants.

Le premier, qui est en fait un entretien, dans le journal le Monde, de Bertrand Badie, professeur à Sciences Po, est intitulé : « L'histoire moderne de l'homme politique est finie ». En passant, je conseille vivement la lecture de ce texte à celles et ceux qui s'interrogent sur la notion de souveraineté. Bertrand Badie, qui est interrogé sur la crise financière européenne, voit bien que derrière ces problématiques comptables se cachent des forces et des questions beaucoup plus profondes. Il identifie assez finement les enjeux et les graves défis pour nos sociétés liés aux avancées technologiques et scientifiques.

Le deuxième est intitulé : « L'intellectuel public, l'éthique républicaine et la fracture de l'ethos de la science » d'Ivan Domingues, professeur de philosophie au Brésil, qui nous propose une mise en perspective historique passionnante et qui isole parfaitement le rôle du discours de la science dans les ruptures et les crises des sociétés démocratiques contemporaines.

Tous deux esquissent, chacun de leur place, des pistes de solutions. Ils soulignent cependant tous deux que la réappropriation collective, et donc politique, des questions scientifiques et technologiques est nécessaire pour envisager ce monde qui sera post-moderne mais qui ne doit pas devenir post-démocratique.

C'est précisément à cette place qu'émerge la question du logiciel libre en tant que question politique.

Le décor étant maintenant planté, je vais essayer d'aller un peu plus loin et tenter de préciser cette place et son importance.

Pourquoi, dans le contexte que je viens d'évoquer, la question du logiciel libre est-elle si importante ? Pourquoi, de toutes les questions scientifiques et technologiques dont nous nous devons de nous réapproprier collectivement les enjeux, le logiciel libre tient-il une place particulière ?
La question, me semble-t-il, mérite d'être posée.

Le premier élément de réponse nous a été donné par Lawrence Lessig dans son célèbre et génial texte intitulé « Code is law », « le code est la loi » en français. Ce texte, puisque vous suivez le cours de Daniel Pascot, vous devez le connaître sur le bout des doigts et je ne vais donc pas m'y étendre. Vous connaissez son argument déterminant : une part toujours croissante de nos interactions sociales, nos échanges économiques, culturelles, nos créations artistiques, est maintenant régulée par des logiciels. Un vaste champ de notre activité est donc dépendant de ces algorithmes qui façonnent en délimitant le champ des possibles, l'espace de nos libertés. Le code agit donc dans le cyberespace comme la loi. La question de savoir qui maîtrise le code est centrale pour l'avenir de nos sociétés démocratiques.

Je voudrais souligner pour ma part, que les nouvelles technologies de l'information sont à l'origine de l'extraordinaire accélération des progrès dans tous les domaines de la science : physique, chimie, astrophysique, biologique, médical, météorologique, etc. C'est aussi le cas dans les sciences humaines où la capacité de traiter en masse les informations ont permis des avancées spectaculaires : économie, géographie, éducation, psychologie.

L'avènement du code est donc au cœur de, à l'origine de, donne sa force à, tous ces mouvements tectoniques que nos sociétés vivent.

C'est ce qui donne, me semble-t-il, à la question de l'appropriation collective de l'informatique libre une place à part dans ce nouveau combat dans la société post-moderne.

Et même, je crois que nous pouvons dire que non seulement, ce combat est important mais qu'il est essentiel et déterminant pour l'avenir de nos sociétés démocratiques.

Cela passera-t-il par l'État ?

Pour revenir au texte de Lessig, vous noterez l'ambiguïté de la réponse de l'auteur à cette question. À la fois il appelle à une ré-implication de l'État tout en constatant la faillite contemporaine des démocraties.

Cette contradiction interne se révèle parfaitement et d'une manière vraiment exemplaire dans l'adoption de la loi Hadopi en France.

Mais avant d'aller plus loin, nous devons nous poser une autre question. Est-ce que le logiciel libre porte en soi les valeurs, les idéaux qui en fera une réponse juste et suffisante à ce que nous recherchons ?

Nombres des militants de la cause du libre soulignent les valeurs intrinsèques du logiciel libre : liberté, partage, collaboration, transparence et méritocratie seraient des valeurs suffisantes, fortes et significatives pour balayer toute interrogation.

Je voudrais vous mettre en garde contre cette vision naïve. En tant qu'entrepreneur, ce que je constate d'abord, c'est que si le logiciel libre connaît un essor fulgurant dans les entreprises, c'est qu'avant tout il est pour les organisations d'une efficacité redoutable.

Je dirais même, avec un brin de provocation, que le logiciel libre est sans doute ce que le capitalisme moderne a inventé de plus efficace.

C'est cela avant tout qui explique son succès et bien plus que ses valeurs. Valeurs que je ne conteste pas, mais qui ont des effets limités tout de même. L'hégémonie fulgurante et sans précédent d'une compagnie comme Google est un indicateur qu'il ne faut pas négliger. Celle de Facebook et d'autres réseaux sont là aussi pour nous interroger sur la nature émancipatrice du logiciel libre en soi.

Je remarque qu'il porte en lui-même un ordre ségrégatif, entre ceux qui maîtrisent la technologie et ceux qui en sont exclus, encore plus brutal et excluant, qu'auparavant.

Dans l'économie du libre, la dépendance entre le fournisseur et son client, certes, change de nature, mais reste peut-être plus forte et plus pernicieuse encore. Enfin pour finir, je soulignerai que la méritocratie, valeur centrale du libre, se résume à la loi du plus fort ou du plus malin et ne saurait constituer une valeur structurante dans la société post-moderne qui a davantage besoin, me semble-t-il, de réinventer les liens de solidarité.

En fait, pour conclure, le logiciel libre apparaît comme un véritable et nouvel espace de liberté. Soit il renforcera la dérive actuelle scientiste et managériale au détriment de la démocratie. Soit il pourra être l'outil puissant de réinvention de celle-ci. Cela ne pourra se faire en limitant le logiciel libre à sa dimension technologique ou d'efficace économique ; mais en associant, en rassemblant les divers groupes sociaux qui doivent en devenir les acteurs : économie sociale, utilisateurs, développeurs solitaires ou communautés de développeurs, entreprises productrices de services ou entreprises utilisatrices, etc.

C'est en maintenant la question du logiciel libre dans l'espace public que nous pourrons faire de cette formidable hypothèse que Richard Stallman a proposée au monde, un levier de notre émancipation et un outil pour bâtir un monde plus juste, plus libre et plus prospère et relever les défis prodigieux de notre époque.


Vous trouverez plus bas le contenu de mon intervention au cours des auditions de la commission parlementaire des finances sur la loi 133. Si vous souhaitez voir l'ensemble de l'audition (présentation et échanges avec les parlementaires) vous trouverez cela ici :

http://blogs.gplindustries.org/cyrilleberaud/CommissionFinance-APELL-133-QC.avi


Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les députés,

Je voudrais tout d'abord vous remercier de permettre à notre association de s'exprimer sur le projet de loi 133 portant sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement.

Nous avons effectivement la prétention de pouvoir contribuer à l'amélioration de cette gouvernance et de participer à ce débat dont les enjeux sont absolument essentiels pour l'avenir du Québec.

Les enjeux

En effet, ces vingt dernières années, l'écart des gains de productivité entre le secteur privé et le secteur public s'est accru significativement, ayant pour résultat, en proportion, un accroissement important des coûts pour les citoyens et ce, à services constants.
Cette situation, vous le savez, met l'État devant ce choix implacable : soit augmenter les taxes ou l'endettement, soit réduire les services. L'amélioration de la productivité de l'État s'avère être la seule solution.

La révolution des technologies de l'information et de la communication est au cœur de l'extraordinaire accroissement de productivité dans le secteur privé.  L'État doit donc prendre appui sur ces nouvelles technologies afin d'améliorer son efficacité.

Il y a une autre raison pour laquelle ces enjeux sont fondamentaux. À quoi bon promettre un système de santé efficace, à quoi bon promettre une ré-ingénierie ou une dé- bureaucratisation de l'État, si par l'incapacité à mener à bien les mutations de son système d'information, ces promesses non seulement restent vaines, mais en plus alourdissent le poids des charges des contribuables ? À chaque projet informatique qui échoue, c'est la parole publique, votre parole, qui est dévalorisée, discréditée. À chaque projet informatique qui échoue, c'est notre démocratie qui est mise en échec.

Ces deux raisons que je viens d'évoquer, au fond, vous les connaissez. J'aimerais en mentionner une troisième qui trouve ses fondements dans le fait qu'au cours de ces vingt dernières années, les ordinateurs ont commencé à communiquer entre eux. Cette mise en réseaux a permis de nouveaux gains en efficacité, de nouvelles possibilités pour chacun de nous et pour chaque organisation. Elle nous a permis de communiquer rapidement et collectivement, d'organiser notre travail ou notre mission différemment, de collaborer et de partager le fruit de notre travail. En numérisant l'ensemble de nos connaissances, cela nous a permis d'accéder aux savoirs des autres, mais également de permettre à d'autres d'accéder aux nôtres. Bref, de cette mise en réseaux, a émergé une nouvelle forme d'intelligence collective qui est bien plus que la somme des parties qui la compose. Ainsi, en se connectant, ces ordinateurs, ces données, ces applications qui les manipulent, sans que nous nous en apercevions, changent la nature même de l'outil. Celui-ci ne se limite plus à automatiser des processus de production. Mis en réseaux, il constitue désormais la colonne vertébrale, le système nerveux et la mémoire de l'État.

C'est ainsi que l'État est devenu dépositaire, sans même qu'il s'en soit rendu compte, d'une nouvelle responsabilité. Celle d'enrichir, de développer et de protéger ce qui constitue, non pas les actifs informationnels de l'État, mais ce que je préfère appeler pour ma part, le patrimoine numérique de l'État du Québec.

Ce patrimoine numérique est un bien public qui appartient à chaque québécois. Il est déjà devenu, et le sera plus encore demain, la source de création d'immenses richesses. Il est la voie par laquelle les générations futures bâtiront l'État moderne dont elles auront besoin.
Notre prochain défi est de mettre à la disposition de la collectivité l'ensemble de ces richesses. C'est ce qu'on appelle le gouvernement ouvert.

Comme vous le voyez, les enjeux de la gouvernance des ressources informationnelles sont cruciaux et déterminants pour l'avenir du Québec.

Le diagnostic.

Avant d'envisager les solutions proposées pour améliorer la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles, il nous faut faire un diagnostic le plus précis possible.

Comment expliquer la succession d'échecs dans la mise en œuvre de nombreux projets informatiques gouvernementaux ces dix dernières années ? Comment expliquer les défaillances dans la gestion de la plupart de ces projets, comme en témoignent les dépassements de coûts systématiques, et souvent dans des proportions faramineuses ?

Les systèmes d'information des organisations, et en particuliers ceux de l'État, sont devenus des systèmes fortement intégrés, complexes, hétérogènes et en mutation constante.

Ce changement mal anticipé de paradigme explique, d'après nous, en grande partie l'impasse à laquelle ont menées les politiques précédentes.

Pour mettre en œuvre ces systèmes d'information modernes, l'organisation se doit d'abord d'être maître de l'ensemble de ses composants. Elle doit en être pleinement propriétaire.

Elle doit posséder l'outillage technologique nécessaire. Enfin, elle doit mettre en œuvre une méthodologie de gouvernance de projet adaptée.

En utilisant massivement des logiciels qui, par leurs licences, restreignent drastiquement l'usage qu'elles peuvent en faire - je parle ici des logiciels privatifs -, les administrations se sont privées de la liberté d'adapter continuellement leurs outils à leurs besoins. Ceci entraînant un surcoût et un gâchis de ressources financières et humaines incommensurables.

En se privant d'utiliser l'extraordinaire boîte à outils disponible sur Internet, elles se sont condamnées à reconstruire sans cesse ce qui existait déjà.

Enfin, en mettant en œuvre des méthodologies de gouvernance de leurs projets dépassées, elles se sont privées de la mutualisation extrêmement bénéfique des ressources logiciels et de l'expertise humaine rare et coûteuse.

Le logiciel libre est la réponse apportée par l'industrie du logiciel pour bâtir les nouveaux systèmes d'information modernes. Incontournable, il est devenu la norme dans cette industrie à travers le monde.

Il n'est pas une garantie en soi du succès des projets informatiques. Bien d'autres paramètres rentrent en ligne de compte. Mais l'APELL affirme que le logiciel libre est la seule voie possible pour bâtir des systèmes d'information modernes.

Qu'est-ce que le logiciel libre ?

Tout d'abord, il est essentiel d'indiquer que les logiciels libres ne sont pas des produits en plus ou de nouveaux produits. Ce ne sont pas des solutions. Les logiciels libres ne constituent pas une alternative. Ils sont véritablement une nécessité des systèmes d'information modernes. Ils permettent de bâtir des systèmes d'information complexes, hétérogènes et en mutation constante.

Les logiciels libres sont avant tout une fantastique innovation organisationnelle.

Le modèle du logiciel libre se constitue autour de trois éléments inséparables, qui en font sa qualité :
1. Un cadre juridique adapté.
2. Un vaste ensemble de composants logiciels.
3. Une méthodologie.

Le premier élément est le cadre juridique adapté : il s'agit de la licence GPL et de ses dérivées qui organisent le commerce du logiciel sous la forme d'un marché libre et concurrentiel. Cette licence donne le droit d'étudier, de modifier, de redistribuer le logiciel qu'on aura éventuellement pu acheter.  Ainsi, par ce cadre juridique, l'organisation qui l'utilise est pleinement propriétaire de son logiciel.

Le deuxième élément concerne un vaste ensemble de composants logiciels disponibles sur Internet qui répondent à la plupart des besoins existants en informatique. Certains sont élémentaires, d'autres constituent des ensembles complets.
Ces briques permettent de bâtir rapidement et efficacement des systèmes complexes et sophistiqués. Elles sont disponibles dans la plupart des cas, gratuitement.

Le troisième élément est d'ordre méthodologique. Il se compose d'un ensemble de méthodologies que l'on désigne sous le nom d'Agile. Elles permettent d'appréhender la complexité, d'organiser les développements collaboratifs, d'assurer une utilisation optimum des ressources, en organisant la mutualisation de l'expertise et des composants logiciels.

Le logiciel libre, de par sa nature, assure la pérennité des investissements logiciels, matériels et humains.

Il est la condition de la modernisation de l'administration publique.

Le remède proposé.

Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les députés,

La loi 133 proposée donne au gouvernement les moyens juridiques et organisationnels afin de mettre en œuvre la politique-cadre que celui-ci souhaite mener.

Cette politique se résume en cinq points :
• tirer profit des ressources informationnelles en tant que levier de transformation;
• investir de façon optimale et rigoureuse;
• optimiser la gestion de l'expertise et du savoir-faire;
• assurer la sécurité de l'information;
• tirer profit des logiciels libres.

Tout d'abord, je voudrais dire que l'Association Professionnelle des Entreprises en LogicielsLibres salue la volonté politique exprimée de modifier en profondeur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles actuelles et adhère en tout point aux objectifs de la politique-cadre.

Nous saluons la reconnaissance, tant attendue, par l'État du rôle que notre industrie peut jouer dans le processus de modernisation de l'État québécois.

Les changements à opérer sont immenses; ils doivent se faire progressivement et de manière raisonnée. Ils doivent se faire par contre avec détermination.

Cependant je dois faire observer, que, pendant que le gouvernement du Québec annonce une politique des petits pas, le reste du monde, lui, court.

Je dois également faire observer que les cinq objectifs de la politique-cadre sont affichés sur le site web du Ministère des Services Gouvernementaux depuis de nombreuses années, y compris à propos du logiciel libre.

Nous souhaitons, dès à présent, apporter notre contribution en suggérant à la commission un certain nombre d'amendements au projet de loi 133 qui permettront au gouvernement d'avoir réellement les moyens nécessaires pour mener à bien cette politique. Une partie de ces propositions ont été déposées ce matin au secrétaire de la commission et, puisque le temps m'est compté, je souhaiterais simplement insister sur deux d'entre elles qui nous paraissent essentielles.

La loi doit prendre acte du changement de paradigme majeur que j'évoquais en introduction : les systèmes d'information de l'État n'ont plus seulement comme fonction d'automatiser des processus de production, mais forment un tout indissociable et constituent dorénavant un patrimoine numérique qu'il s'agit d'enrichir, de développer et de protéger.

La loi doit donner le mandat au dirigeant principal de l'information - ou bien au Conseil du trésor - de s'assurer que l'État possède la pleine propriété sur ce patrimoine commun.

Une deuxième proposition sur laquelle j'aimerais insister consiste à donner des moyens concrets au Dirigeant principal de l'information pour tirer profit des logiciels libres.

Les deux grands avantages du logiciels libres sont d'ordre financier et méthodologique :

1. Ils permettent de mettre en œuvre la mutualisation des ressources logiciels et
l'expertise professionnelle, ouvrant la voie à des économies considérables.
2. Ils permettent de mettre en œuvre des processus innovants quant à la gouvernance
de projets informatiques (Agile), permettant de mener à bien des projets complexes.

Si le gouvernement souhaite tirer profit du logiciel libre, il doit mettre en place un lieu où cette mutualisation et cette nouvelle gouvernance se réalisent. Et inversement, sans ce lieu, l'État ne pourra pas tirer profit du logiciel libre.

Pour cela, l'APELL propose d'intégrer dans la loi la création d'un Centre d'innovations et de convergence numérique du Québec, dont le rôle moteur doit être :

Innover, mutualiser, conseiller.

Innover : avoir un coup d'avance sur les Ministères et organismes, donner une vision tant au niveau des outils qu'au niveau des modèles organisationnels (méthodologie Agile).

Mutualiser : minimiser les dépenses redondantes, maximiser les expertises offertes, organiser la collaboration et le partage des ressources entre les Ministères et organismes, fédérer les Ministères autour d'une vision commune.

Piloter/conseiller : les grands projets de l'État numérique .

Passer d'une logique de centre de coût (ventes de services partagés) à un centre de création de valeurs (innovation et modernisation). Concentrer du savoir-faire. Agir comme Centre d'expertises et de formation en Logiciels Libres. Organiser la mutualisation des développements.

Par leur nature pérenne et par les méthodologies qui sont mises en œuvre, les logiciels libres permettront à l'État d'investir de façon optimale et rigoureuse.

Par la capacité d'organiser le travail collaboratif et la mutualisation des ressources informationnelles et humaines, les logiciels libres permettront à l'État d'optimiser la gestion de l'expertise et du savoir-faire.

Par le contrôle complet qu'ils donnent à son propriétaire, les logiciels libres permettront d'assurer et de garantir à l'État une véritable sécurité de ses systèmes d'information.

Ce centre d'innovation  et de convergence numérique sera l'outil qui permettra de faire des ressources informationnelles le levier de transformation et de modernisation de l'État québécois.

Nous insistons : les difficultés de gouvernance et de gestion des ressources informationnelles de ces dernières années ne sont pas dues à une simple défaillance au niveau de la gestion budgétaire. Elles trouvent leurs causes dans une vision dépassée des technologies disponibles et des structures organisationnelles inadaptées - je pense notamment au CSPQ.

Le Centre d'Innovation et de Convergence Numérique du Québec est l'outil qui permettra au gouvernement de relever les défis de la politique-cadre.


Il y a bien longtemps que je ne me suis pas exprimé sur ce blog. Hier a débuté le Salon du Logiciel Libre de Québec. Voici mon allocution d'ouverture :

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d'abord remercier M. Robert Mantha, Doyen de la Faculté des Sciences de l'Administration et Monsieur Denis Brière, Recteur de l'Université de Laval, pour avoir eu l'extrême gentillesse de mettre à notre disposition, non seulement ces magnifiques espaces, mais également une formidable équipe d'un grand professionnalisme qui, sans laquelle, je dois dire, nous aurions été complètement dépassé par l'ampleur du succès de l'événement. Je voudrais aussi particulièrement et chaleureusement remercier Daniel Pascot, pour avoir permis d'établir les premiers contacts. Le professeur Pascot, mon complice et ami, est également président de l'association FACIL. FACIL, pour l'Appropriation Collective de l'Informatique Libre.

Mesdames, Messieurs, trois grands chantiers attendent le Québec. Ces trois grands chantiers, bien qu'en apparence indépendants, sont en fait étroitement liés, et, j'en ai la profonde conviction, détermineront la prospérité et l'avenir du Québec.

Le premier d'entre eux est le chantier de la connectivité Internet. Le deuxième est celui du logiciel libre, le troisième chantier, celui du gouvernement ouvert.

Comme vous le savez, le Québec souffre d'un retard dramatique quant à la connectivité Internet et ce retard se creuse chaque jour avec le reste du monde.

Pourtant, il est clair maintenant pour tous que l'avenir des économies de nos pays passera par le numérique. Il est clair que l'essentiel de nos richesses transitera à travers ces réseaux. Les entreprises ont besoin de réseaux performants pour communiquer avec leurs fournisseurs, avec leurs employés, avec leurs partenaires, mais surtout avec leurs marchés. L'État a besoin de réseaux performants pour se moderniser, fournir des services adaptés et communiquer efficacement avec ses administrés.

Des réseaux performants sont également essentiels pour tous les citoyens : l'étudiant pour communiquer avec ses professeurs, pour accéder aux savoirs ; le citoyen ordinaire, chacun de nous qui, aujourd'hui, organise sa vie sociale, exprime ses opinions, s'implique dans la cité à travers ces réseaux.

C'est aussi un enjeu essentiel pour le désenclavement de nos régions et pour la maitrise de notre territoire. Quelle entreprise aujourd'hui serait prête à s'installer dans des régions éloignées sans un accès Internet performant et à moindre coût ?

Je le dis en tant qu'entrepreneur, en tant que président d'une Association professionnelle d'entreprises : c'est à la collectivité, pour ne pas dire à l'État, comme pour le réseau routier, d'organiser et de mettre en place ces infrastructures. Il existe des solutions. Le Québec possède un outil puissant qui s'appelle Hydro-Québec. Partout où il y a des fils électriques, nous devons demander à notre compagnie nationale d'y adjoindre de la fibre optique.

Un mot rapide sur l'économie de l'Internet. Deux problématiques très concrètes sont au cœur de son développement : comment alimenter en électricité cette fantastique machinerie et comment la refroidir. Je pense qu'il est inutile ici de rappeler que le Québec possède des atouts considérables et exceptionnels.

C'est une question de choix : soit le Québec revend son électricité à bas coût aux provinces et pays voisins, et là-bas se créeront des emplois, de la richesse et du savoir-faire ; soit le Québec utilise son électricité pour bâtir un formidable projet collectif porteur d'espoir, créateur d'immenses richesses et de dizaines de milliers d'emplois.

Oui, nous pouvons et devons faire du Québec le centre de l'Internet de l'Amérique du Nord.

La question du logiciel libre.

Mesdames, Messieurs. La situation au Québec me fait penser à un vieux et magnifique film japonais que j'ai revu récemment et que peut-être connaissez-vous. Il s'appelle La Harpe de Birmanie. Ce film d'Ichikawa relate l'histoire d'un jeune soldat japonais envoyé, plusieurs semaines après la capitulation, tenter de convaincre une garnison retranchée de se rendre. «La guerre est finie, venez reconstruire notre pays plutôt que de vous sacrifier inutilement au nom de valeurs dépassées. » Voilà le message qui leur adresse. Alors, aujourd'hui, ma harpe c'est ce petit micro, et je viens dire, à ceux qui refuse d'ouvrir les yeux, qu'en termes d'efficacité et de décisions d'affaire, la bataille du logiciel libre est gagnée.

Elle est gagnée à peu près partout dans le monde sauf au Québec. Dois-je rappeler que la plus formidable création de richesse de ces dernières années s'appelle Google ? Cette extraordinaire aventure s'est construite grâce au logiciel libre.

Dois-je dérouler la liste de ces empires qui se sont constitués en quelques années sur Internet et ont changé notre vie ? Google, Wikipedia, Ebay, facebook, Twiter, Paypal, LinkedIn... J'arrête l'énumération de la liste, car ce qu'il y a de remarquable dans cette liste c'est qu'elle ne souffre aucune exception : toutes les innovations technologiques issues de l'Internet de ces dernières années sont construites sur du logiciel libre.

Mesdames, Messieurs, le logiciel libre est la conséquence d'un nouveau cadre juridique qui organise le commerce du logiciel. Il organise ce commerce sous la forme d'un marché libre et concurrentiel. Il s'oppose à l'ancien modèle qui organisait le marché dans une logique de monopoles.

Aujourd'hui, la question politique se pose clairement : sommes-nous pour un marché libre et concurrentiel ou pour un marché qui relève d'une logique de constitutions de monopoles dont l'essentielle de la plus-value nous échappe ?

Cette question, les responsables politiques du Québec doivent publiquement y répondre et tirer les conséquences de leur réponse.

Le logiciel libre constitue une opportunité unique pour les entreprises québécoises, pour l'indépendance technologique et la compétitivité du Québec.

Il est la condition de la modernisation de l'administration publique.

Le logiciel libre est un outil de souveraineté et de politique industrielle ; il est un moyen de maîtrise des finances publiques. Parce qu'il est créateur d'emplois locaux et à haute valeur ajoutée, le logiciel libre participe à un développement économique durable. Le logiciel libre assure aux citoyens une utilisation transparente de l'argent public. Il participe à la préservation des libertés fondamentales à l'ère du numérique et au partage du savoir.

Le logiciel libre n'est pas une question de gauche ou de droite, ça n'est pas non plus une question de fédéralisme ou de souverainisme. C'est pourtant une question politique majeure.

Pour assurer sa prospérité de demain, le Québec doit se confronter à la modernité.
Nous avons les moyens de faire du Québec le chef de file mondial de l'industrie du logiciel libre. C'est en tout cas mon ambition, j'y travaillerai sans relâche.

Pour conclure, je voudrais évoquer ce qu'on appelle le gouvernement ouvert. Cette question sera traitée demain en profondeur au cours de plusieurs tables rondes. Elle est essentielle, et ne se résume pas à la mise à disposition par des entreprises privées, des données publiques. Cette question relève davantage, me semble-t-il, tout simplement, de l'appropriation collective de l'informatique libre.

Une connectivité Internet qui couvre l'ensemble du territoire associée à une politique ambitieuse d'utilisation de logiciels libres ouvrent la voie à la refondation du pacte social entre les citoyens et l'État.

J'invite chacun à réfléchir à ce nouveau type de lien social que les nouvelles générations inventent en collaborant ensemble sur Internet pour construire ces logiciels qui façonnent aujourd'hui notre vie. Un nouveau lien qui s'appuie sur les valeurs de liberté, de tolérance, de travail, de partage et de collaboration.

Mesdames, Messieurs, je forme le vœu que le Québec se souvienne.

Je forme le vœu que le Québec se souvienne que ce sont précisément sur ces valeurs que ce pays s'est construit à travers le temps.

Et, j'en ai l'intuition, c'est précisément parce que les valeurs de la société québécoise faites de liberté, d'ouverture à l'autre, de travail, de partage rencontrent celles du logiciel libre que nous sommes aujourd'hui si nombreux.

Ce grand projet collectif qui nous attend, c'est celui de la modernité et de l'espoir, c'est aussi celui du Québec tout entier porté par ses valeurs.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.
Tout est dans cet article du Devoir :

http://www.ledevoir.com/societe/justice/292187/vive-le-logiciel-libre


Je vous souhaite à tous un bel été !

Librement,
Je dédie et je fais cadeau de ce jugement à toute la jeunesse du Québec.

Je dis à cette jeunesse : le monde vous appartient.

Il n'appartient pas aux multinationales.Il n'appartient pas aux fonctionnaires. Il n'appartient pas à ces États qui ont oublié qu'ils étaient d'abord au service de tous.

Je dis aussi que c'est avec des valeurs que l'on crée de la richesse. Et que de la richesse sans valeurs, c'est du pillage.

Je pense maintenant à tous ceux qui m'ont soutenu ces deux dernières années. Merci pour votre confiance indéfectible.

Un merci particulier à Me Marc-Aurèle Racicot et Me Julius Grey pour leur travail et pour avoir accepté de m'accompagner sur cette longue route.

À bientôt,
La dernière journée a été éprouvante. Je reviens à Montréal à peu près dans le même état qu'une serpillère, habité par toutes les choses que j'aurais pu ou dû dire et que je n'ai pas dites.

Alors voilà, le procès a eu lieu. La décision du juge a été mise en délibéré. C'est une sacrée expérience que de partir défendre ses droits contre un État et l'une des plus puissantes multinationales du monde.

Si je suis allé en Cour, c'est que je crois dans le droit et dans la justice. Ce qu'aujourd'hui je puis dire, c'est que la justice, ça existe au Québec.
Pendant deux ans, nous avons subi  de nombreux assauts et nous sommes passés à travers tous. La justice a été là à chaque fois à nos cotés pour nous permettre de nous faire entendre.

Et c'est ce qui s'est passé cette semaine. Nous avons été écouté très attentivement et certainement entendu en partie par un juge aimable, patient, avec une grande écoute et manifestement, il lui était important de comprendre. Alors je ne sais pas ce que sera sa décision, je ne sais pas si elle me conviendra, mais déjà ce qui s'est produit est d'une très grande importance.

On n'attend pas de jugement avant plusieurs mois (deux ou trois). Vous serez les premiers que j'informerai.  

Librement,
Dernière séance de préparation aujourd'hui et probablement dernier post sur ce blog avant plusieurs jours. Juste quelques petites infos :

- Les statistiques des visiteurs de ce blog montent en flèche; Ça double tous les jours depuis le début de la semaine et franchement ça devient affolant. Je suis vraiment désolé mais j'ai peur de ne pas pouvoir écrire la semaine prochaine pendant le procès. Mais n'oubliez pas le twitt @sflrrq

- C'est à peu près tous les gros média internationaux qui se sont inscrits sur twitter.com @sflrrq
et des grand noms de la politique québécoise....hum, Ça promet... On m'annonce aussi que le twitt de Julien devrait être également traduit en anglais. Si j'ai confirmation je vous fais signe.

- Lundi matin risque d'être un petit peu bousculé pour l'ouverture du procès. Nous aurons droit en préliminaire à une requête en rejet d'action au motif que notre recours serait théorique et, cerise sur le gâteau, une demande d'ordonnance de la part des procureurs de nos chers confrères de Microsoft en vue de faire interdire de publication une partie de ce site.... 

Et puis juste un dernier point, il y a Gilbert D. qui a adhéré aujourd'hui à l'association FACIL (Facil, pour l'Appropriation Collective de l'Informatique Libre). Je vous parle de cela parce que Gilbert D. a ajouté un petit mot sur ses motivations qui se termine par :
« Je souhaite que nos instances publiques prennent le virage libre au plus sacrant. Les enjeux s'avèrent cruciaux pour l'avenir.»

« Les enjeux s'avèrent cruciaux pour l'avenir ». Alors moi, je sais très bien ce qu'il veut dire Gilbert, mais je trouve ca fort quand même. Je trouve ça fort qu'il y en a qui s'obstine à ne pas vouloir entendre ce qui se dit dans cette phrase et je trouve encore plus fort qu'il commence à y avoir des gens pour le dire.

A+
Je profite de ces belles journées de soleil pour me ballader sur le Mont-Royal et je médite sur la nature humaine. Bref je suis assez contemplatif.... Mais sans doute mes états d'âme ne vous intéresse pas vraiment...

Alors, où en sommes nous ? Bah c'est là que l'on voit que Gandhi était un grand homme qui justement en connaissait un bout sur la nature humaine....

Nous en sommes très précisément à la 3ème étape de sa prédiction :

First they ignore you,

then they laugh at you,

then they fight you,

then you win.


Les coups partent dans tous les sens (surtout vers le bas) de manière un peu incohérente et grotesque,  C'est certain que tous ces coups en coulisses ressemblent de plus en plus à des aveux de faiblesses et signent une nervosité manifeste; Et tout cela devrait me réjouir sans doute... mais malgré cela je suis quand même envahi d'une certaine tristesse. Quel gachis.
;
On m'informe que chacun pourra suivre le procès en direct (ou semi-direct) sur Twitter.

C'est Julien , un ancien collègue qui a pris cette initiative. Comme Julien est quelqu'un de très sérieux et qu'il suit notre dossier depuis le début, je suis convaincu qu'il fera une belle job.

http://www.twitter.com/sflrrq
Un article très bien articulé sur notre affaire. Rigoureux, clair, précis, sans excès et sans compromis. Juste les faits. Une belle job.

Rue Frontenac, l'étoile polaire du journalisme au Québec?

http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/justice/16706-linux-rrq

Bonne lecture!
Bonjour à tous,
Nous y voilà! Le procès débutera le 8 mars 2010 et devrait durer une semaine.

La requête déposée par Savoir-faire Linux date du 11 mars 2008 au palais de justice de Québec. Cela fera donc deux ans. Deux ans de perdus pour le Québec, deux ans de millions de dollars attribués sans appel d'offre.

J'y vois un peu plus clair maintenant.

Voici deux documents. Le premier est le Plumitif. Terme barbare pour nommer un document qui relate assez séchement les péripéties juridiques de notre affaire. Vous y trouverez en fin de document la date prévue du procès.
Le deuxième est la requête finale qui a été amendée de multiples fois. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas relue. Elle est vraiment solide.

À bientôt !!!

Voilà une première étape importante de franchie ! Un des grands partis du Québec prend une position claire et sans ambiguïté !

http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/logiciels/200906/16/01-876237-contrats-publics-a-microsoft-le-pq-demande-la-suspension-dun-avis-dintention.php



Si vous vous demandez ce que vous pouvez faire pour l'appropriation collective de l'informatique libre, et bien il y a une manière efficace : c'est de rejoindre FACIL, « Facil, pour l'Appropriation Collective de l'Informatique Libre ».

Nous nous sommes organisés cette année en un réseau puissant et efficace et nous réalisons de nombreuses activités qui vous intéresserons.  Nous avons besoin de vous! N'hésitez pas ! Chaque adhésion est importante, chacun peut participer à son niveau. Ensemble, nous pouvons changer le cours des choses.

Facil, organise son assemblée générale le samedi 25 avril 2009 de 13h à 17h à l'adresse suivante :

Centre Lajeunesse, 7378, rue Lajeunesse, salle 101. (métro Jean Talon)

Les adhésions peuvent se prendre sur place - c'est 20$ pour l'année. Vous pouvez le faire en ligne également. Par contre si vous souhaitez vous présenter au Conseil d'administration, il faut envoyer sa candidature avant le 11 avril à ca@facil.qc.ca

Vous trouverez toutes les informations utiles sur http://www.facil.qc.ca
Cette information a déjà été commentée par la presse, en particulier par Tristant Péloquin qui a écrit une série de deux articles très bien documentés.

Ci-joint cette directive :
lettre-microsoft07-cs.pdf
Avec un peu de retard sur la presse ....

La décision de la Cour peut paraître trop restrictive, mais cela nous permet de mettre un pied dans une porte qui finira par s'ouvrir complètement....

Jugement 12 mars 2009.pdf

Vous trouverez ici les interrogatoires des responsables de la Régie des rentes du Québec et du Centre des services partagés du Québec.

Interrogatoire -18 décembre 2008 - Simon Nadeau - RRQ.pdf

Défense RRQ.pdf
Bonne lecture!
Pour les amateurs, voici enfin les défenses du CSPQ. Le CSPQ, c'est le Centre des Services Partagés du Québec, l'une des parties mise en cause dans notre affaire. De ce que j'ai compris, Microsoft ne produira pas de défense ni le Procureur Général du Québec; à confirmer. Nous devrions avoir la semaine prochaine la défense de la Régie des rentes du Québec. Dès que j'obtiens ces documents, je vous fais signe.

Bonne lecture!

M-08-011 Défense CSPQ 21 nov. 2008.pdf

CLLAP 2008

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La CLLAP 2008 se déroulait jeudi et vendredi dernier à Québec. La CLLAP, c'est la Conférence Logiciel Libre et Administrations Publiques. Il y avait cette année, une ambiance particulière. Ce fût un grand succès. L'organisation, impeccable, les conférences d'un très grand intérêt, le public très nombreux et d'une grande qualité. Je suis intervenu vendredi, voici mon petit discours.

Mesdames, Messieurs,

Le logiciel libre repose sur le droit pour un auteur de divulguer son logiciel avec son code source et d'accorder à tous le droit de l'utiliser, le copier, l'adapter et le redistribuer, en version originale ou modifiée,

Le logiciel libre constitue une opportunité unique pour les entreprises québécoises, pour l'indépendance technologique et la compétitivité du Québec,

Le logiciel libre constitue aussi une opportunité unique pour l'administration québécoise.

Le logiciel libre est un outil de souveraineté et de politique industrielle ; Il est un moyen de maîtrise des finances publiques.

Parce qu'il est créateur d'emplois locaux et à haute valeur ajoutée, le logiciel libre participe à un développement économique durable.

L'utilisation de logiciels libres garantit un marché libre, équitable et concurrentiel.

L'utilisation de logiciels libres assure aux citoyens une utilisation transparente de l'argent public.

Le logiciel libre participe à la préservation des libertés fondamentales à l'ère du numérique et au partage du savoir.

Le logiciel libre garantit l'égalité d'accès de toutes les québécoises et de tous les québécois aux nouvelles richesses de l'ère du numérique.

Vous l'aurez compris, la question du logiciel libre est éminemment une question politique.

C'est pour cela que je me réjouis que cette année, les organisateurs de cet événement ont pensé à réunir autour d'une table les représentants de tous les partis politiques du Québec pour parler de cette question. Je me réjouis encore plus que la plupart d'entre eux aient accepté cette invitation.

25 ans de métier m'ont appris que la pire des approches en informatique, c'était l'idéologie. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le logiciel libre soit une alternative. Non, il n'est pas une alternative, il est une nécessité; une condition de l'avenir. Quant à aujourd'hui, le logiciel libre est un complément indispensable des systèmes d'informations des organisations. C'est à partir de cela qu'il faut partir pour bâtir cette stratégie audacieuse dont le Québec a besoin.

Se battre pour la mise en place d'une politique déterminée d'utilisation du logiciel libre au sein des administrations publiques ne veut pas dire se battre contre une administration ou contre un gouvernement, c'est encore moins se battre contre tel ou tel fournisseur. C'est se battre d'abord pour le Québec tout entier et pour toutes les valeurs dont il est porteur. Le logiciel libre ne divise pas, il réunit. Il réunit les machines et les applications, il réunit avant tout au travail les hommes et les femmes.

C'est donc réunis par le dialogue et par la concertation que nous devons travailler ensemble.

Mesdames messieurs, je vous remercie.

Calendrier

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Voici le nouveau calendrier concernant le déroulement de notre affaire devant la Cour Supérieure. Prochain rendez-vous le 21 novembre avec les présentations des expertises et de la défense.
À bientot

Entente sur le déroulement de l'instance.pdf

Une pétition concernant la «Politique d'utilisation des logiciels libres par le gouvernement du Québec » circule actuellement sur Internet.

Elle est la bienvenue!!!

Alors, signez là et surtout ... faîtes circuler.

http://www.mesopinions.com/Politique-d-utilisation-des-logiciels-libres-par-le-gouvernement-du-Quebec-petition-petitions-b24c899d696c25b2252d6883a371b87b.html


Le 26 août dernier à la Cour Supérieure de Québec, se tenait l'audience concernant la requête en rejet déposée par la Régie des rentes du Québec. Il s'agissait de points de droit sans grand intérêt pour nous, mais qui auraient pû amener au rejet de notre requête. Il y avait donc danger.

Voici la décision rendue par l'honorable juge Michèle Lacroix. Comme vous le constaterez il s'agit pour nous d'une victoire complête. La requête en rejet a été rejetée.

Les choses sérieuses vont pouvoir commencer!

Décision C.S. rejet.pdf

FACIL

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FACIL, association à but non lucratif, qui prône l'appropriation collective de l'informatique libre, dénonce les pratiques d'achats de logiciels nécessaires à l'administration publique sans appel d'offres de la part du Gouvernement du Québec. FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d'approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l'intérêt du Québec.

Tout est dit. C'est une très bonne nouvelle.

http://facil.qc.ca/

Nous devrions avoir un reportage ce soir 28 aout sur Radio-Canada et RDI au téléjournal. Avis aux amateurs.

Je reviens de Québec pour la requête en rejet de la RRQ. Ceux qui ont assisté à l'audience pourront témoigner de ce que veut dire concrètement le mot monopole.
Le jugement a été mis en délibéré. Nous devrions avoir la décision de l'honorable juge Michèle Lacroix avant deux semaines.

Un grand merci à ceux qui ont pris la peine de se déplacer. C'est un soutien très important qui compte.